Baisse du pouvoir d’achat : les français stressent même au travail

Les Français sont fatigués de voir leur pouvoir d’achat s’effondrer sous l’effet de décisions politiques successives. La charge mentale financière pèse sur les épaules des travailleurs, au point d’éroder leur productivité et leur motivation.

Jade Blachier
Par Jade Blachier Publié le 17 février 2025 à 12h19
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Le 17 février 2025, une enquête menée par Rosaly auprès de plus de 2 000 salariés met en lumière une tendance alarmante : 86 % des Français déclarent que leurs préoccupations financières ont un impact direct sur leur travail. Cette donnée, bien plus qu’un simple chiffre, illustre une crise sociale profonde. Contrairement aux discours gouvernementaux qui vantent une inflation maîtrisée et une relance économique amorcée, le quotidien des ménages s'inscrit dans une toute autre réalité : la baisse de leur pouvoir d'achat.

Un malaise économique qui dépasse les questions de l'inflation et du pouvoir d'achat

Si l’inflation a officiellement ralenti pour atteindre 1,3 % en décembre 2024, la perception populaire, elle, raconte une autre histoire. En un an, les Français estiment que les prix de l’énergie ont augmenté de 19 % et ceux de l’alimentation de 17 %. Les chiffres de l’enquête Rosaly confirment cette réalité implacable. 58 % des Français peinent à payer leurs frais de santé, tandis que 47 % sont régulièrement à découvert. Ces situations ne sont pas des exceptions, mais des symptômes d’un modèle économique où les travailleurs sont de plus en plus laissés à eux-mêmes.

L’État, coupable ou simple spectateur ?

L’État n'a pas l’entière responsabilité de cette situation. L’explosion du coût de la vie est un phénomène mondial, exacerbé par des tensions géopolitiques et des dynamiques de marché échappant au cadre national. Mais si l’on ne peut exiger de l’exécutif qu’il annule d’un claquement de doigts les hausses des prix de l’énergie ou des matières premières, on peut en revanche lui reprocher son inaction criante face aux détresses économiques des ménages.

Depuis le début de l’année, plusieurs mesures fiscales et sociales ont alourdi la pression financière sur les travailleurs : augmentation des cotisations santé, réduction des remboursements de transport, modifications du prélèvement à la source. Officiellement, ces réformes visent à assurer l’équilibre budgétaire de la nation. Dans la pratique, elles étranglent des classes moyennes déjà affaiblies.

51 % des Français déclarent que ces mesures ont un impact très négatif sur leur moral. Rien d’étonnant à cela lorsque l’on considère l’absence totale de contreparties pour alléger la charge des ménages. Le gouvernement n’a pas envisagé de taxer plus lourdement les profits des multinationales ou de plafonner les marges abusives sur les produits de première nécessité.

Des conséquences alarmantes sur la productivité et le monde du travail

Cette pression financière constante ne se limite pas aux foyers : elle s’infiltre aussi dans le monde du travail. 56 % des salariés déclarent que la baisse de leur pouvoir d’achat affecte directement leur efficacité professionnelle.

Lorsqu’un salarié passe ses journées à calculer comment éviter le découvert ou à se demander comment il va payer ses factures, son engagement dans son travail diminue. Un stress chronique détériore la santé mentale des employés. Une étude de 2024 révélait déjà que 36 % des travailleurs français se déclaraient en détresse psychologique, un chiffre en nette augmentation.

Cette charge mentale financière se traduit par une érosion du lien entre les salariés et leurs entreprises. 86 % des employés estiment que leurs difficultés économiques ont un impact direct sur leur motivation et leur productivité. Dans un contexte où le marché de l’emploi est déjà marqué par des tensions de recrutement et une vague de démissions silencieuses, cette situation est un véritable signal d’alarme pour les employeurs.

Un avenir incertain, des responsabilités partagées

On ne peut pas attendre de l’État qu’il règle à lui seul l’ensemble de ces problèmes. Mais il serait tout aussi illusoire de croire que le secteur privé, livré à lui-même, prendra les mesures nécessaires pour améliorer la situation des travailleurs. Aujourd’hui, la balle est dans le camp du politique, qui doit cesser de se cacher derrière des indicateurs macroéconomiques et s’attaquer aux causes profondes du malaise social.

Si rien n’est fait, la situation continuera de se dégrader. Moins de motivation au travail, plus d’arrêts maladie, une instabilité croissante du marché de l’emploi. Il ne s’agit plus d’une simple crise du pouvoir d’achat, mais d’une crise systémique qui remet en question la capacité même des Français à travailler et à vivre dignement.

Jade Blachier

Diplômée en Information Communication, journaliste alternante chez Economie Matin.

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