Montpellier, 7 heures du matin. La police frappe à la porte d’un appartement où séjourne un homme dont le nom agite les cercles médiatiques et politiques depuis plusieurs mois : Doualemn. L’influenceur algérien, déjà expulsé en janvier avant d’être refoulé par Alger, se retrouve à nouveau dans le viseur des autorités françaises.
Doualemn interpellé : l’Algérie va-t-elle accepter son influenceur cette fois ?

Doualemn interpellé tôt ce matin
Ce jeudi 20 mars 2025, Doualemn, 59 ans, de son vrai nom Boualem Naman, a été interpellé à son domicile à Montpellier, où il résidait chez sa fille. À 7 heures du matin, des policiers sont venus l’arrêter avant de le transférer à Paris, où il doit être placé en Centre de Rétention Administrative (CRA) en vue de son expulsion. Cette arrestation intervient quelques jours seulement après l’avis favorable rendu par la commission d’expulsion (Comex) de l’Hérault le 12 mars 2025.
Un nouvel épisode dans une saga qui dure depuis des mois. Déjà expulsé en janvier 2025 après le retrait de son titre de séjour, Doualemn avait été immédiatement renvoyé en France par les autorités algériennes, provoquant une crise diplomatique entre Paris et Alger.
Doualemn s’est fait connaître sur TikTok, où il comptabilise environ 138 000 abonnés. Son nom est lié à une vidéo publiée en janvier 2025, dans laquelle il appelait à infliger une « sévère correction » à un opposant au gouvernement algérien. Ce contenu lui a valu une condamnation le 6 mars 2025 à cinq mois de prison avec sursis pour « provocation non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit ».
Mais ce n’est pas son premier démêlé avec la justice. Boualem Naman, installé en France depuis 1988, a accumulé plusieurs condamnations entre 1990 et 2005, notamment pour des infractions liées aux stupéfiants et au droit des étrangers. Malgré ces antécédents, il avait obtenu un titre de séjour en 2010 en tant que parent d’enfants français, régularisant sa situation.
Vers une expulsion effective ?
L’expulsion de Doualemn ne se limite pas à une simple affaire judiciaire. Son avocate, Marie David-Bellouard, dénonce une décision « purement politique », qui ferait de son client un symbole de la politique migratoire du gouvernement. Selon elle, la menace à l’ordre public avancée par les autorités ne justifierait pas une expulsion aussi rapide.
L’État, de son côté, maintient que la France ne peut tolérer sur son sol un individu appelant publiquement à la violence. La Comex, composée de trois magistrats, a confirmé cette ligne en rendant un avis favorable à son expulsion, estimant que son maintien en France représentait un risque.
Si la France semble cette fois bien décidée à expulser Doualemn, une inconnue demeure : l’Algérie acceptera-t-elle de le recevoir ? En janvier 2025, Alger avait refusé son refoulement, une décision qui avait tendu les relations entre les deux pays.
Pour éviter un nouvel échec, les autorités françaises pourraient agir rapidement et discrètement. C’est précisément ce que redoutent ses avocats, qui craignent une expulsion précipitée empêchant tout recours. « Ils veulent se débarrasser de lui à tout prix », dénoncent-ils.
Dans l’attente, Doualemn reste en détention au CRA, un pied en France, l’autre en Algérie, suspendu au bras de fer diplomatique qui décidera de son avenir.