Le 13 décembre, Aurore Bergé, ministre des Solidarités et des familles, a été l’invitée de Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio. Au cœur des discussions, des sujets brûlants : la loi sur l’immigration, la question de la dissolution de l’Assemblée nationale, et les mesures contre les parents défaillants suite aux émeutes de juillet.
Emeutes : Aurore Bergé veut punir les parents

Aurore Bergé n'envisage pas la dissolution de l'Assemblée nationale
Dans un contexte politique tendu, Aurore Bergé a abordé sur Sud Radio la question de la dissolution de l'Assemblée nationale, avant d'aborder les émeutes. Elle a fermement affirmé : « Il n'y a aucune raison aujourd'hui de dissoudre l'Assemblée nationale. Il n'y a pas de majorité alternative qui existe. » Cette déclaration intervient après le rejet du projet de loi sur l'immigration par l'Assemblée, un événement qui a suscité des interrogations sur la capacité du gouvernement à gouverner. Aurore Bergé souligne que la majorité présidentielle reste la seule cohérente, rejetant l'idée d'une alliance des oppositions comme alternative viable.
De fait, la dissolution de l'Assemblée nationale serait un message plus que douteux. Le gouvernement macronien, régulièrement épinglé par les médias ou les Français pour son arrogance ou son manque de respect des citoyens, n'a pas besoin de renvoyer les députés élus pour sembler hostile à la démocratie. Ses recours réguliers au 49.3 pour faire voter des lois qui n'ont pas, comme pendant le premier mandat Macron, le soutien d'une majorité absolue que certains nommaient le rouleau compresseur. Aurore Bergé insiste sur la recherche d'un compromis, mais ce mot est peu connu en macronie. Reste à espérer dans les résultats de la Commission mixte paritaire prévue pour le 18 décembre, visant à trouver un terrain d'entente sur le projet de loi immigration.
Responsabiliser les parents des délinquants
Aurore Bergé a également abordé la question des émeutes de juillet et des mesures à prendre contre les parents défaillants. « On ne parle des parents qu'en période de crise et c'est un problème », déplore-t-elle. Parmi ses propositions, l'idée de travaux d'intérêt général pour les parents dont les enfants ont participé aux émeutes. « Ce sera à la libre appréciation du juge » de déterminer si un parent est défaillant ou non, précise-t-elle, soulignant l'absence de peine automatique en démocratie. De quoi éviter, par exemple, de mettre au même plan des parents qui auraient été chez eux la nuit des méfaits et une mère célibataire qui, travaillant de nuit, n'aurait pu surveiller son fils à ce moment.
Cette approche soulève des questions sur l'équilibre entre responsabilisation parentale et justice. Aurore Bergé insiste sur le rôle du juge dans l'évaluation de la défaillance parentale, tout en ouvrant la discussion sur la possibilité de sanctionner les parents dans des cas extrêmes. Elle travaille avec le garde des Sceaux et la Première ministre sur un éventail de peines possibles, cherchant à établir un lien entre les actes des adolescents et la responsabilité parentale.