Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, et Laurent Nuñez, le préfet de police de la ville de Paris, ont dévoilé le dispositif de sécurité qui sera déployé à l’occasion du réveillon du Nouvel An de cette année 2023. Un dispositif de grande ampleur en raison d’un risque de menace terroriste élevé.
Nouvel An : menace terroriste élevée, Darmanin dévoile le dispositif de sécurité

Nouvel An : la France sous sécurité maximale
Le 31 décembre 2023, la France sera sous une couverture sécuritaire d'une envergure exceptionnelle. Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, accompagné de Laurent Nuñez, préfet de police de Paris, a annoncé la mobilisation de 90 000 policiers et gendarmes répartis sur l'ensemble du territoire français. Un dispositif qui sera renforcé par 5.000 militaires de l'opération Sentinelle. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a justifié la mise en place d'un tel dispositif du fait que la France soit placée en « extrême vigilance » du fait du risque de « menace terroriste très élevée ».
Le préfet de police de la ville de Paris, Laurent Nuñez, a indiqué qu'entre 1 et 1,5 million de personnes sont attendues sur l'avenue des Champs-Élysées l'occasion du réveillon de la Saint-Sylvestre. Par conséquent, ce ne seront pas moins de 6 000 policiers et gendarmes qui circuleront dans les rues de la capitale, dans les zones à risques et aux abords des transports en commun. Le gouvernement a mis en place un dispositif de sécurité et de filtrage avec fouille systématique qui s'étendra jusqu'à la place de la Concorde. La circulation sera également limitée pendant tout le week-end aux abords de la place de la Concorde et des Champs-Élysées. D'autre part, le ministre de l'Intérieur a déclaré que les forces de l'ordre allaient intensifier les saisies de mortiers : plus de 200 000 mortiers ont déjà été saisis, soit près du double par rapport à l'année 2022. Outre les forces terrestres, deux hélicoptères survoleront les zones à risques et seront accompagnés de drones. Les autorités prévoient par ailleurs de limiter la vente d'alcool et de tout objet qui pourrait servir d'arme autour des zones à risques.
Une menace terroriste de plus en plus imprévisible
La décision de renforcer la sécurité pendant le Nouvel An fait écho à une inquiétude palpable au sein de la population française. En effet, d'après un sondage Elabe pour BFMTV, datant du 2 décembre 2023, 81 % des Français ont déclaré être inquiets face à une menace terroriste. En l'espace de deux mois, la France a connu deux attaques terroristes menées par des islamistes : assassinat de Dominique Bernard, enseignant à Arras, le 13 octobre 2023, attaque terroriste, sur le pont Bir-Hakeim, qui a fait un mort et deux blessés, le 2 décembre 2023. Pour le directeur de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Nicolas Lerner, il n'y a aucun doute : le conflit israélo-palestinien a « indéniablement » des « conséquences directes sur la menace en France », et il a fortement alimenté le sentiment anti-occidental.
La menace terroriste qui pèse sur le sol français est d'autant plus inquiétante que, comme l'a indiqué le patron de la DGSI lors de son entretien auprès de nos confrères du Monde le 6 décembre 2023 : « la propagande de l’État islamique revient aujourd’hui séduire une nouvelle génération d’adolescents », qui se nourrissent « d’un discours de victimisation, de la glorification de pulsions violentes ». La grande difficulté pour les services de renseignement tient dans la détection de ces profils qui ne cesse de se complexifier. La plupart des terroristes ne se sont en effet pas directement réclamés d'une organisation terroriste internationale telle qu'Al-Qaïda ou de l'EI (État islamique). C'est la raison pour laquelle, comme a tenu à le rappeler le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, la France est placée en « urgence attentat ». Le dispositif de sécurité déployé à l'occasion du réveillon de la Saint-Sylvestre servira également de test en prévision des Jeux Olympiques qui se tiendront dans moins de six mois à Paris.